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24.10.21

[ EXPRESS ]


Alors que 'Single Life' un coffret retraçant la carrière de JOHNNY MARR sous forme de dix 7' vinyles paraissait en 2019, l'artiste peaufinait déjà son retour armé d'une collection de titres puissant et mélodiques en diable. En effet en pleine été l'ex orfèvre des Smiths annonçait un nouvel EP quatre titres à paraître en octobre. 'Fever Dreams Pt. 1' signé sur Be Music Group consiste en une partie du nouvel album de JOHNNY MARR à paraître en février prochain. 
Après avoir découvert le premier titre 'Spirit Power & Soul' diffcile de ne pas être stupéfait de la force et l'énergie dégagée par ce titre absolument fabuleux qui emporte tout sur son passage rappelant dans de nombreux aspect le meilleur d'un New Order revenu d'entre les morts. L'ensemble de ce premier EP, 'Fever Dreams Pt.1' est d'ailleurs du même acabit et d'une très grande qualité mélodique. 'Receiver,' dans sa métronomie et certains sons de guitare lorgne vers Joy Division, soufflant chaud et froid sans répit ! JOHNNY MARR qui a toujours eu un sens aigu de la mélodie semble avoir été touché par la grâce. 'All These Days' est cossu et soutenu d'une basse aiguisée comme un couperet ! Ici encore tout s'imbrique magnifiquement dans une production riche offrant un son ample et profond. Le quatrième titres de 'Fever Dreams Pt.1', 'Ariel' nous plonge dans les belles heures de The Smiths jouant la carte de l'acoustique tout en arpèges. Le refrain pourrait être extrait des plus beaux moments de 'The Queen Is Dead'. A l'écoute de cette première carte de visite, inutile de dire que l'album 'Fever Dreams Part 1 - 4' prévu en février prochain est attendu de pied ferme. Ne reste plus qu'à espérer que JOHNNY MARR puisse venir dans nos contrées défendre ce nouveau disque sur scène prochainement. 
 

30.10.20

[ EXPRESS ]

 LIELA MOSS
Who The Power
CD.VINYLE
[belle union] 

Parus en pleine canicule au mois d'août dernier, les fruits de la seconde escapade solitaire de LIELA MOSS portent le titre de 'Who The Power' et ici tout est question de directions. Active depuis presque vingt ans avec ses boys de The Duke Spirit,  LIELA MOSS reste avant tout cette charmante blonde à la voix fluctuante de force et de douceur, mais pas que, et loin de là ....Un an à peine après le dernier album de son groupe, elle propose en 2018 son premier disque solo en grande partie consacré à la naissance de son enfant avec 'My Name Is Safe In Your Mouth'. Un disque hyper mélodique tout en sensibilité. 
Deux ans plus tard avec 'Who The Power', LIELA MOSS prend rythme et épaisseur avec un contenu à la fois pop dans sa forme et au fond assez sombre. De jolies mélodies garnissent l'ensemble où tout n'est finalement que faux semblant. La simplicité n'est qu'apparente et la légèreté une illusion. Il y a même assez souvent de la gravité et de la tristesse, 'Always Sliding'.  L'ensemble baigne de mélancolie, scandé par cette voix qu'on a pu entendre notamment chez Unkle. Les titres s'enchaînent et forment un tout habité, offrant de beaux moments aux envolées célestes, 'The Individual', des instants de grâce aussi avec la fuite en avant de 'Suako' qui bat la chamade tel un coeur en pleine course. LIELA MOSS est une artiste sensible qui n'est pas si lisible que les apparences veulent le faire croire. Avec 'Who The Power' elle arrive les bras chargés de morceaux pop efficaces et planant mais ce qu'elle propose va bien plus loin. Ce nouvel album est beau et sincère mais aussi vénéneux pour qui s'y attarde et c'est ce qui fait de 'Who The Power' une réussite.



WIRE
10:20
CD.VINYLE
[pinkflag]
 
Le dernier WIRE est plus à appréhender comme une compilation qu'un véritable album. D'ailleurs rien de vraiment nouveau dans les huit titres de '10:20', dont le titre le plus récent date de 2017. A la base, le groupe envisageait cette sortie pour le Records Store Day et puis le virus à tout bousculer. WIRE décide donc cet été de faire paraître cette collection malgré tout. On y trouve des titres de 1987, 1990, 2000,2010 et 2017 restés tous plus ou moins inédits. Bien entendu la plus part on été retravaillés en studio par le groupe offrant à l'ensemble une étonnante homogénéité. 
Musicalement, 'Boiling Boy' et 'German Shepherds' explorent davantage le côté pop que WIRE à développé depuis sa reformation. Plutôt légers et mélodiques, ces deux titres sont de bonne facture. 'He Knows' et 'Underwater Experiences' mettent eux en avant l'aspect expérimental et les racines punk du groupe avec toute l'urgence et la colère du WIRE des débuts. En milieu de parcours, 'The Art Of Persistence' offre un titre haut en couleur, allant droit au but dans un élan de liberté. Une mélodie accrocheuse soutenue de la voix unique de Colin Newman. En conclusion, 'Over Theirs' est une longue pièce massive qui impose et s'étire sur près de neuf minutes. On est là dans du grand art, avec un morceau tendu et âpre qui monte en tension et en noirceur jusqu'à s'étirer dans des vibrations qui s'étiolent et s'éloignent dans un sombre horizon. WIRE reste ce groupe unique et quoiqu'il propose, la pertinence est de mise. Cette collection de raretés demeure intéressante à bien des niveau et rappelle à quel point WIRE est un groupe essentiel.





9.6.20

[ EXPRESS ]


PERRY BLAKE
Songs Of Praise
moochin'about.pias
CD.LP


Etrange pochette réalisée par Helen Abbas, artiste renommée Syrienne qui illustre le retour presque inespéré d'un compositeur qui de ses propres mots apprécie autant l'ombre que la lumière. En effet, PERRY BLAKE est réapparu l'été dernier après presque treize ans de silence. Il le dit lui même. Il n'a jamais envisagé de carrière mais est toujours heureux de pouvoir sortir un disque. Il aime ces moments en retrait qui lui permettent de vivre à son rythme et de s'atteler à d'autres projets, ou à la vie tout simplement. De ces débuts, il y plus de 25 ans, l'artiste irlandais ne regrette rien. Ni l'image de crooner trip hop qui lui colle à la peau, ni même les projets avortés.
'Songs Of Praise' a été testé sur scène bien avant d'exister en tant qu'objet. Deux ans de travail pour un septième album studio entre passé et présent. La mélancolie est intacte, l'habillage lui est différent. Entre acoustique et éléctronique, les douze nouvelles compositions qui habitent ce nouveau disque, envisagé d'abord comme un EP cinq titres, sont à ranger pour la majorité parmi les meilleures de l'artiste. PERRY BLAKE s'est nourri de son expérience 'electro' avec ESB (2015) pour affiner sa vision sur sa musique. Lui qui se définit davantage comme un 'ghost-writer' a multiplié sur ce nouveau disque les collaborations. Glenn Garett comparse de Electro Sensitive Behaviour a participé à deux titres et l'absent depuis plus de 15 ans, Graham Murphy partenaire des débuts est de retour. La sélection des titres et leur façonnage en studio ont fait l'objet d'un long processus qui s'est étalé sur deux années. Certains titres ont été enregistré des dizaines de fois pour aboutir à une collection de douze nouveaux titres. PERRY BLAKE n'est ni blasé, ni amer et a enfin appris à partager sa musique sur scène et a y trouver un réel plaisir. Plus sage et moins torturé à l'approche de la cinquantaine, sa musique s'en ressent et rayonne plus que par le passé. 'Songs Of Praise' est un beau disque, inspiré qui contient de nombreux titres qui touchent droit au coeur. Le mélancolique et envoûtant 'Diamonds In The Sun' en introduction est une grande réussite. 'Miracle', ballade chaloupée, est une véritable capsule d'évasion. 'Broken Little Orphan', 'Summer Of 2012'' ... autant de titres qui mettent en évidence le caractère unique de l'univers d'un artiste aussi singulier que PERRY BLAKE qui retrouve toute sa superbe avec ce beau et grand disque qui n'est pas prêt de s'éloigner ... tant l'été sera celui de l'amour...

28.5.20

[ EXPRESS ]



THE LEGENDARY PINK DOTS
Angel In The Detail
[ metropolis records ]
CD . VINYLE 


Accompagnés de divers renforts depuis quarante ans, le noyau dur The Silverman (Phil Knight) et Edward Ka Spel (Edward Sharp) n'a eu de cesse d'alimenter de leurs esprits foisonnant la créature, THE LEGENDARY PINK DOTS. On est entre quarante et cinquante albums depuis 1981. Les expérimentations restent la base des créations du groupe qui au fil des ans en fonction des partenaires sont accompagnées de variantes. L'empreinte des deux compositeurs est assez forte pour donner une unité à l'ensemble. 
Pour 'Angel In The Detail', paru l'été dernier, il a fallu deux ans de travail, ce qui est plutôt rare pour un groupe habitué à balancer deux à trois disques par an. Ce nouvel album reste dans la veine des dernières parutions de THE LEGENDARY PINK DOTS, expérimental, planant et atmosphérique. Les compositions sont épurées et plutôt limpides. La voix de Edward Ka Spel est susurrée et la guitare de Erik Drost est caressée laissant l'espace à l'apesanteur et aux silences nécessaires au long développement de plages musicales pouvant aller jusqu'à plus de dix minutes. Aucun titres n'est à extraire et 'Angel In The Detail' qui s'écoute dans sa longueur comme on entreprend un voyage dans un monde étrange qui pourtant semble bien être le nôtre. Il y a ici et là malgré tout quelques titres formaté 'chanson' comme ce 'Made To Measure' qui débute comme une ballade à la Syd Barrett ou 'The Photographer', un moment beau à tomber de tristesse et de mélancolie mais l'ensemble est un melting-pot de longues tirades psyché et ambient. Il n'en reste pas moins que THE LEGENDARY PINK DOTS reste ce groupe pionier unique qui nourri nos esprit et nos âmes de leur musique si singulière depuis des décénies. 

26.5.20

[ EXPRESS ]



MORRISSEY
I Am Not A Dog On A Chain
[ etienne . bmg ]
CD . LP . K7


Lorsque The Smiths se forme en 1982, Steven Morrissey n'a que 23 ans et est plus littéraire que musicien. Il est loin de se douter de ce qui l'attends? à savoir des réussites outre mesure, des déceptions et des trahisons qui vont traverser sa vie de jeune Mancunien. Quarante ans plus tard, MORRISSEY a eu une carrière avec et surtout sans The Smiths, carrière imposante et souvent jalonnée de succès. Depuis 1988 et le cultissime 'Viva Hate', MORRISSEY a enchaîné les albums et les tournées à travers le monde et malgré une pause de sept ans à la fin des années 90, l'artiste parfois sulfureux possède à son actif pas moins de treize albums. 
Autant dire que MORRISSEY ne perd pas de temps, puisque une petite année après 'California Son', le végétarien le plus célèbre de la planète rempile avec onze nouvelles chansons réunies sur 'I Am Not A Dog On A Chain', son disque le plus inspiré et le plus audacieux depuis belle lurette. En effet, dans ce nouveau disque, même si tous les indicateurs d'un album de MORRISSEY sont présents, il n'en demeure pas moins qu'il comporte quelques signes d'une inspiration renouvelée. Plus rythmés que jamais, la plus part des titres sont habités et certaines nouveautés font leur apparition, ici et là des touches synthétiques et électroniques viennent consolider certaines mélodies. Mélodies qui sont particulièrement travaillées et très accrocheuses sur de nombreux titres. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter le 'hitesque' 'Once I Saw The River Clean', titres absolument addictif. 
A l'écoute de cette nouvelle livraison, qui pourrait croire que l'artiste qui se dit malade depuis des années à depuis peu 61 ans. 'I Am Not A Dog On A Chain' est un disque d'une grand fraîcheur, claquant de vie, qui redonne à la pop ses lettres de noblesse. Décidément, MORRISSEY est encore loin d'avoir fini de nous étonner. Une des belles sorties de 2020 à coup sûr !

16.5.20

[ EXPRESS ]




IAMX  /  Echo Echo 
[ orphic ]
cd / vinyle / digital


Etonnant retour pour IAMX avec un projet acoustique alors que le terrain de jeu de Chris Corner est plutôt lié aux machines. Et pourtant, même si un tel projet peut interroger, il n'en met que mieux la solidité des constructions mélodiques de ce musicien de talent. 'Echo Echo' est un album reprenant onze titres du répertoire de IAMX en version à prédominance acoustique, mais pas que. Il demeure ici et là de façon discrète quelques interventions 'technologiques'. La question sur un tel projet est de savoir si l'acoustique tient sur la longueur d'un album. c'est là tout l'enjeu d'une telle relecture. l'entrée en matière, 'I Come With Knives' rassure sur son développement réinventé, fantomatique et hypnotique. Ce sera malheureusement sans doute la plus belle réussite de 'Echo Echo'. Certaines relectures sortent fièrement la tête de l'eau, preuve du talent de Chris Corner, 'Kiss And Swallow' radouci et sinuant ou 'I Salute Christopher' recalibrée et douce comme un brise d'été. D'autres ne prennent pas leur envol et semblent se débattre dans des accoutrements qui manquent d'ampleur. Une minorité se trouvent malheureusement pénalisé d'un tel traitement qui met en évidence le plaintif du sujet, qui peut vite agacer sur la répétition. Un tel pari est risqué et même si l'on sent que l'âme et le coeur habitent ce travail, 'Echo Echo' n'est pas l'ADN de IAMX et ce projet aurait sans doute gagné à paraître dans un format plus court de cinq ou six titres triés sur le volet. Le constat est mitigé et même si à plusieurs reprises l'auditeur est emporté par certaines de ces versions acoustiques, sur l'ensemble le contrat n'est pas rempli. On sait Chris Corner au travail sur de nouvelles compositions et soyons en sûr, l'enchantement sera total dans un futur que l'on sait passionnant.


25.4.20

[ EXPRESS ]

DEATH AND VANILLA  /  Are You Dreamer?
[ fire records ]


Une des dernières livraisons de l'an passé fut cette petite collection faussement fragile livrée par DEATH AND VANILLA toute droit sortie de son antre suédoise ancrée non loin de Malmö. Comme à l'accoutumé ces enfants de Broadcast n'ont utilisé dans leur processus de composition que du matériel vintage, vibraphone, mellotron, Moog et autres orgues et tremolo. On y retrouve le charme désuet des constructions Krautrock et de ces bandes originales de films oubliés, la voix fragile de Marleen Nilsson en plus. Faussement innocente, l'atmosphère est ici un métissage de légèreté, de douceur et de mystère. Les compositions oscillent entre mélodies et expérimentations. Rarement un disque n'aura si bien porté son titre. On nage en plein rêve. Les quarante minutes de cette nouvelle livraison très sixties sont composé de huit nouveaux titres ne laissant que peu d'occasions à l'auditeur de toucher même du bout du pied la terre ferme. Plus organique et plus planante encore que celle de feu Broadcast, la musique de DEATH AND VANILLA est la bande son idéale qui accompagnera celui qui a un besoin régulier de s'extraire d'une réalité parfois féroce. Cette fois, pour son troisième album le trio offre un disque homogène, inspiré et fortement conseillé en ces temps de turbulences...



12.2.20

[ EXPRESS ]



WIRE  /  Mind Hive 
[ pinkflag ]
Formats : vinyle - cd 

Même si dans la seconde partie de carrière de WIRE le style du groupe est devenu plus pop, Colin Newman et les siens n'en ont pas pour autant conservé leur mordant. Cette 17ème production studio en est encore une fois un flagrant exemple. WIRE reste un groupe libre et sans concession. L'âpreté de 'Be Like Them' en ouverture en témoigne et le vitaminé 'Cactused' ne fait que le confirmer. Depuis l'arrivé du guitariste Matt Simms les accents pop sont peut être encore plus évident, n'entravant aucunement la singularité de WIRE qui reste ce groupe inclassable ne ressemblant à aucun autre. 'On The Beach est un titre étonnant, presque 'surf', et 'Unrepantant' tout en apesanteur donne de la respiration à l'ensemble, offrant un sas de décompression idéal. A noter que 'Mind Hive' est un album court et instantané sur une grosse demie heure et la dernière partie du disque chantée d'abord par Graham Lewis et plus lente et plus lourde. A ce titre, 'Oklahoma' dégage une tension et un mystère. 'Hung' quand à elle offre une lente progression de presque huit minutes au son cru et aux allures d'alerte avant la catastrophe qui semble inévitable. Un titre marquant, grave dans le fond et la forme et une belle réussite artistique. Le final de 'Mind Hive' qui porte le titre de 'Humming' (Bourdonnement) sonne le glas dans une atmosphère mélancolique et semble planer les regrets. WIRE signe une fois encore un bel album dont on n'est pas près de se lasser. 







MARK LANEGAN BAND  /  Somebody's Knocking 
[ Heavenly recordings ]
Formats : vinyle - cd 

La voix rauque de Mark Lanegan est de retour avec un nouvel album sous l'entité MARK LANEGAN BAND et une fois encore il s'agit de rock, mais passé à la moulinette par ce touche à tout de talent. Du rock avec 'Disbelief Suspension' qui ouvre l'album et l'excellent et addictif 'Letter Never Sent'. Ca sonne froid et ça martèle sans pitié sur une mélodie toute en suspension. Mark Lanegan a sa patte et ses mélodies s'envolent souvent vers le cieux. Comme souvent l'ensemble est avant tout mélodique, laissant la part belle à cette voix unique qu'on aime tant, véritable instrument à part entière. La basse ronde et métronomique de 'Night Flight To Kabul' donne envie de bouger et colle à la peau. 'Somebody's Knocking' se délaye au long de 14 titres soufflant le chaud et le froid sur des passages parfois surprenant. Le mutant punk de 'Stitch It Up' peut en surprendre plus d'un et l'ambiance crooner synthétique de 'Playing Nero' sera sans doute déstabilisante pour certains avec son clavier rappelant étrangement 'Atmosphère' de Joy Division. Le très 80's 'Penthouse High' pourtant réussi développe une 'dance' gothique assez étonnante. Mark Lanegan semble s'amuser à briser les clichés rock dans un jeu savamment maîtrisé. Dans la dernière partie du disque, 'Name And Number' est un titre fort, alliant un riff de basse très 'cold' à une guitare grinçante sur une mélodie simple et efficace pour une totale réussite. Le blues glacial de 'War Horse' confirme, avec des bouts de ficèle le talent de transformation de l'artiste qui s'approprie le classique en lui insufflant modernité et originalité. Décidément Mark Lanegan semble avoir conservé les uppercuts pour le final et les derniers titres sont de haute volée. 'Radio Silence', sombre et abrasif renverse tout sur son passage. En conclusion, 'She Loved You' à une approche 'cold' et sonne comme un hymne unificateur, une danse universelle. Ce 'Somebody's Knocking' n'est sans doute pas la meilleure livraison de MARK LANGAN BAND mais contient son lot de beaux et bons moments. Suffisant pour s'y arrêter et y revenir.





7.2.20

[ EXPRESS ]




PALE SAINTS  /  Comforts Of Madness 30th
[ 4ad records ]
Formats : CD / VINYLE / DIGITAL

Déjà 30 ans que cet ovni sonore nous tombait dessus sans prévenir. Trois décennies à vivre avec ce son devenu si familier et pourtant encore si unique. La singularité de PALE SAINTS et plus encore de ce premier album paru en 1990 demeure et à l'écoute de cette entité et rien n'a bougé. Le propos et le verbe sont toujours de mise. Le label 4ad qui poursuit sont introspection au sein de sa riche histoire a eu bien des raisons valables de remettre en avant ce disque ô combien important pour son épais catalogue. Outre la bonheur de retrouver en version remasterisé ce disque important, c'est un plaisir non boudé de replonger dans quelques notes inédites et surtout dans des versions peu ou pas entendues à l'époque. En effet, 'Comfort Of Madness' qui ressort en version double cd et double vinyle, contient sont lot de pépites pour tout amoureux de PALE SAINTS. Le second cd propose en effet, une quinzaine de titres plus où moins rares avec la version originale de 'Sight Of You, plus direct mais peu éloignée de celle figurant sur l'album. Les versions démos qui suivent sont toutes déjà extrêmement bien construites et souvent très abouties quoique plus épurées et les 'John Peel Sessions' qui ferment la marche sont elles belles et pures donnant un aperçu du potentiel live du groupe. Cette version pour le trentième anniversaire de 'Comforts Of Madness' a tous les atouts du bonheur retrouvé. 






PET SHOP BOYS  /  Hotspot 
[ x2 records ]
Formats : CD / VINYLE / DIGITAL

PET SHOP BOYS c'est trente-cinq ans de musique et pas moins de quinze albums studio tous salués par la critique et respectés pas la scène musicale dans son ensemble. La force du duo et de trouver sa place dans toutes les scènes. Les fans de dance-music autant que les amateurs de rock apprécient le groupe et c'est assez rare pour être souligné. Avec 'Hotspot', PET SHOP BOYS signe son quinzième album et continu de garder toute légitimité avec des compositions hyper efficaces et un son hyper travaillé. Il n'y a qu'à écouter 'Will-O-Wisp' qui ouvre le disque pour être convaincu. Un titre claquant de vie et énergique à souhait, à la mélodie et à la production imparable. Même si sur la longueur depuis quelques années on pioche ici et là sur les dernières sorties, l'auditeur trouve toujours son compte, tant chaque disque contient son lot de titres forts. Aux passages dance plus léger, succèdent des titres plus doux et mélodieux, puis on tombe sur des morceaux comme 'Dreamland' enregistré en compagnie de Olly Alexander (Years & Years) et on retrouve toute la force et la patte de PET SHOP BOYS, dansante, mélodique et mélancolique à la fois. 'Hoping For A Miracle' en milieu de parcours, doux et pesant offre une respiration. 'Monkey Business' titre presque disco, donne envie de se trémousser après une virée, une nuit d'été et surtout en fin de parcours, on trouve 'Burning The Heather', joli morceau presque acoustique de 'Hotspot'. Une belle ballade pop douce et émouvante. Comme toujours, PET SHOP BOYS joue avec nos sentiment et le fait avec talent et expérience.






31.1.20

[ EXPRESS ]


REMA REMA  /  Fond Reflections
[4ad records]

Les anglais de REMA REMA émergent en pleine vague punk. Marco Pirroni (guitare) et Mick Allen (basse et voix) sont issue du groupe éphémère The Models. ils sont camarades de classe. Ils sont rejoint dès 1980 par Gary Asquish (guitare et voix), Mark Cox (clavier) et Dorothy Max Prior (batterie) pour former REMA REMA. Groupe essentiellement de scène produisant un punk sombre et expérimental, le groupe enregistre pourtant le EP 'Wheel In The Roses' contenant quatre titres dont le devenu célèbre grâce à la reprise de This Mortal Coil', 'Fond Affections'. Après deux ans d'activité le groupe se sépare. Dorothy Max Prior s'essaye à une courte carrière solo. Marco Pirroni rejoint Adam And The Ants, alors que Cox, Asquish et Allen forment Mass. A juste titre, le label 4ad rend hommage à ce groupe fondateur en éditant les archives live et démos de REMA REMA sous forme d'un double cd et double lp contenant sont lot de photos souvent inédites et textes explicatifs. Un beau document sonore et visuel pour tous les fan de cette période hyper créative et amateurs d'un des label les plus novateur des années 80.




LADYTRON  /  Ladytron
[ladytron music]

Il nous aura fallu de long mois pour avoir un avis définitif sur la dernière sortie discographique de LADYTRON. Groupe adoré depuis de nombreuses années et silencieux depuis près de huit années, les quatre de Liverpool reviennent pourtant il y a près d'un an avec un sixième disque studio. D'entrée on retrouve ce son mi synthétique mi organique si bien dosé qui donne l'A.D.N du groupe depuis ses débuts. 'Until The Fire' qui ouvre l'album, simple et efficace augure du meilleur pour cette dernière livraison. Le single hyper efficace 'The Animals' avait mis l'eau à la bouche en préambule à la parution du disque. 'The Island' reste sympathique quoiqu'un peu en dessous. 'Far From Home' cadre lui dans la tradition des morceaux pop à la LADYTRON même si la mélodie semble déjà familière du catalogue du groupe. Après 'The Animals' en milieu de parcours, sans doute le morceau le plus fort de l'album, on retrouve sur la seconde partie du l'album quelques titres qui sortent positivement du lot. On notera le rafraîchissant 'Figurine' et sa mélodie entêtante. Le mélancolique 'The Mountain' ou le final 'Tomorrow Is An Another Day' et sa lente progression vers la clôture d'un disque en deçà des précédentes productions du groupe mais somme toute d'un bon niveau, contenant de beaux en grands moments.





6.11.19

[ EXPRESS ]

THE YOUNG GODS   /  Data Mirage Tangram
[ two gentlemen ]

Véritables activistes du son depuis 1986, les Suisses ont su triturer, mixer et digérer toutes sortes de sonorités depuis plus de trente ans. Crossover, ambiant ou krautrock, ces touche à tout de génie ont toujours su même dans la douleur renouveler leur art. 
Exigeant et intelligent, THE YOUNG GODS à toujours eu cette place bien à part dans la scène musicale alternative. Plus blues, et rock, passé à la moulinette par leur spectre aiguisé, 'Data Mirage Tangram', leur neuvième album studio débute dans un quasi silence qui sous ces faux airs de bande son de 'Blade Runner', mue en une longue tirade hypnotique. Plus calme et plus pausé qu'à l'accoutumé, cette nouvelle livraison délivre malgré tout des cheminements atmosphériques non dénués d'une certaine tension. Les sept plages ont toutes une durée variant de six à plus de onze minutes. On reconnait la patte THE YOUNG GODS malgré tout dans les constructions, les montées et les vocaux inimitables de Franz Treichler. Les rythmiques métronomiques de Bernard Trontin donnent à l'ensemble une sorte de transe dansante irrésistible. 'Figure Sans Nom' en est un exemple pattant et un des moments fort de l'album. 'All My Skin Standing' est une longue progression de plus de onze minutes. On chemine d'une atmosphère froide, aux télescopages percussifs, jusqu'à une transe acide et âpre qui semble tout emporter sur son passage. 
Ici encore et plus que jamais, 'Data Mirage Tangram' est un voyage unique qui s'achève dans les vapeurs 'ambiant' de 'Everythem', épilogue subtile et rêveur comme seul THE YOUNG GODS peut en proposer. Voici venir la vision d'un monde en péril qui surnage difficilement en ces temps de grands dangers. Réaliste !

 

3.10.19

[ EXPRESS ]

Parmi les sorties de l'année, certaines ont été de grandes et belles réussites sans pouvoir vraiment s'y arrêter et prendre le temps de les décortiquer. Enthousiasmé, emporté, charmé ou bousculé, certains artistes sont loin de notre indifférence...





LIELA MOSS  /  My Name Is Safe In You Mouth
>>  (bella union)
 Même si le premier album solo de LIELA MOSS, voix et visage de The Duke Spirit est proche de fêter les un an de sa sortie, il faut s'y poser quelques instant. Enfanté au moment de la naissance de son premier enfant, ce disque à grandi en elle comme la vie qu'elle a portée pendant neuf mois. Il est aussi profond, tendre et beau qu'une naissance. Sa voix reconnaissable est apaisée et les mélodies sont belles et mélancoliques. Tout au long du parcours on est émerveillé de la véracité du propos et du talent de composition et de production qui est juste en équilibre parfait. Un disque important qui s'écoute avec attention et tendresse sans fléchir. 
>> Formats Disponibles : cd - vinyle - digital


PIROSHKA  /  Brickbat 
>> (bella union)
Petite friandise pop parue au début de l'année, histoire de réchauffer l'atmosphère, PIROSHKA propose un premier album composé par des figures connues et reconnues de la scène indé anglaise depuis près de trente ans. En effet le groupe est composé de membres de Lush, Modern English et Moose. L'influence vocale de Lush est totale et l'emprunte de Miki Berenyi est bien présente tout au long de l'album qui enfile les perles pop tantôt agitées, acidulées où mélancoliques. L'ensemble se tient dans une unité réussie de titres sympathiques et pour certains d'entre-eux plutôt marquant. Un joli disque bien produit dont on attend une suite fort probable en chantier actuellement. 
>> Formats Disponibles : cd - vinyle - digital

 

MORRISSEY  /  California Son
>> (etienne records)
 C'est au printemps que MORRISSEY a annoncé l'été avec 'California Son' son disque de reprises grande classe. Hyper léchée et tout aussi minimale, la production de ce disque est remarquable. On y entend le moindre détail et la voix de l'artiste n'a jamais été aussi pure. Tant la personnalité est marquée, MORRISSEY peut empiler douze reprises et aussi diverses et variées soient elles, elles deviennent sienne comma par magie. C'est avec respect et finesse pourtant qu'il reprend certains de ces héros et on se prend parfois à oublier l'originale tant la qualité et l'âme insufflée emportent l'auditeur vers d'autres rivages. On passe de Joni Mitchell à Dylan sans sourciller et le plaisir est total du levé au couché du soleil de cet été sans fin.
>> Formats Disponibles : cd - vinyle - digital







4.7.19

[ EXPRESS ]






DEATH IN JUNE  /  Essence!
[ New English Recordings ]








Album jailli de nulle part, sans aucune semonce, 'Essence!' de DEATH IN JUNE est apparu soudainement en décembre dernier. Véritable 15ème disque studio du seul maître des lieux, Douglas Pierce. Ce DEATH IN JUNE nouveau a été pour les nombreux fans de pop country sombre une totale bénédiction. Un nouvel album de projet? rien n'était moins sûr. Reste à savoir si ce nouvel opus justifie son titre et contient bien là toute l'essence d'une légende des musiques dark. 

Les onze titres qui composent 'Essence!' restent dans le bain habituel, guitare, voix et mélodies en mode mineur. On est en terrain brumeux connu sur des titres alliant voix chaude, grave et mélopées acoustiques vaporeuses. Tout est en place et le style particulier développé par Douglas Pierce reste le même tout comme le modus operandi. Passé l'introduction anecdotique, on se laisse embarquer par 'God A Pale Curse' mais surtout par l'hispanisant 'The Trigger' qui consiste en un premier moment marquant de l'album. Après 'Snipers Of The Maidan', proche des ballades d'un Lee Hazlewood dark, comme c'est régulièrement le cas, on passe sur le dispensable 'The Humble Brag' pour se concentrer sur le second moment de 'Essence! avec le classique immédiat qu'est 'Going Dark'. joli mouvement mélancolique au funestes propos. De haute volée est la suite avec un astucieux morceau en deux parties, Le chaloupée 'The Dance Of Life' suivi de la ballade 'To Shoot A Valkyrie' qui semble issue de chutes de la période 'The Wall Of Sacrifice' (1989). 
Lubie ou réalité, on sent dans les propos et la voix de Douglas Pierce une tristesse plus perceptible, le poids des ans?.... 'No Belief'.  Alors que 'Essence!' déroule doucement son propos, arrive 'The Pole Star Of Eden', sans doute la pierre angulaire et le titre incontournable de cette nouvelle collection. Parfait en tout point dans son déploiement et sa construction, du DEATH IN JUNE pur jus et un plaisir auditif incontestable. 'Essence!' referme sa marche avec l'expérimental 'My Florida Down'. 

Ce nouvel album qui reste unique en son genre comme tout ce que propose DEATH IN JUNE depuis 35 ans ne fera pas parti du meilleur, toute époque confondue, mais dispose de beaux atouts qui nécessitent à eux seuls que l'on se penche sur 'Essence!' un nouveau disque (peut-être le dernier) d'une entité unique, plus touchante que martiale.


Olivier LEONELLI




2.6.19

[ EXPRESS ]

COCTEAU TWINS  /  Treasure Hiding : The Fontana Years 
[ fontana / umc ]

 

A la toute fin des années 80, COCTEAU TWINS a établi son statut de groupe culte et en moins de dix ans d'existence est devenu avec quelques autres une des figures de proue de l'écurie à la forte identité qu'est l'indépendant 4ad. Plus abordable, plus pop dans la forme aussi, le trio sortira en 1990 l'excellent 'Heaven Or Las Vegas' qui sera sa dernière livraison pour son label de toujours. Au début de la décennie suivante, COCTEAU TWINS a des envies d'international et se sent pousser des ailes après le succès grandissant des dernier albums du groupe. Les propositions se font sans doute aussi plus nombreuse et c'est une des branche de Philips avec des labels comme Mercury qui les signe via Fontana. COCTEAU TWINS y implosera six ans plus tard...
La fin de règne d'un des groupe les plus important de la scène 'indépendante' est à présent compilée dans un joli coffret sobrement nommé 'Treasure Hiding : The Fontana Years'. On y retrouve bien-sûr les deux derniers albums, 'Four Calandar Café' paru initialement en 1993 et 'Milk And Kisses' (1996) en version remasterisées. Le premier présente un aspect plus pop de COCTEAU TWINS et contient de belles réussites sur lesquelles la voix angélique de Elizabeth Fraser fait toujours des merveilles. 'Milk And Kisses' est quant à lui plus vaporeux et langoureux et présente entre autre les envoûtants 'Serpentskirt' et 'Eperdu'. Le coffret qui contient quatre cd devient passionnant sur les deux disques supplémentaires qui compilent tous les titres rares où inédits des singles parus entre 1993 et 1996 ainsi que les titres rares provenant de diverses compilations et plusieurs BBC sessions. Un immanquable pour tout amateur de COCTEAU TWINS. Un incontournable même puisque 'Ep's & Rarities' regroupe vingt titres et 'Sessions & Rarities', treize. Mentions spéciales 'Circling Girl' (Volume Magazine Version) ainsi que la version BBC musclée de 'Seekers Who Are Lovers'.  
Cette ultime édition des dernières années du groupe et s'en doute la plus belle épitaphe possible pour COCTEAU TWINS qui explosa en plein vol l'année suivant en pleine session d'enregistrement d'un album qui ne paraîtra jamais. Il n'en reste pas moins une des plus belle signature du label 4ad et un des plus beaux ovni de l'histoire de la musique indépendante. 



Olivier LEONELLI

11.5.19

[ EXPRESS ]






ELYSIAN FIELDS  /  Pink Air
[ microcultures / Object ]
CD / Vinyle






Paru à l'automne dernier, il aurait été vraiment dommage de ne pas s'arrêter au dernier album en date des new yorkais de ELYSIAN FIELDS qui avec 'Pink Air' propose leur neuvième disque en 22 ans d'existence. Plus de vingt années à composer une musique passionnante sensuelle et aussi un peu intello sur les bords. 'Pink Air' ne déroge par à la règle et dès la première écoute il est évident que la source loin d'être tarie, rafraichissante dès l'entrée en matière de ce nouvel opus créé comme à leur habitude à quatre mains.
Après une introduction à la fois rêche et sans concession, on est dès la seconde plage dans la vif ou plutôt dans le chaloupé du sujet avec le superbe 'Star Sheen', morceau de bravoure absolument magique et totalement addictif. Entre pop et blues on nage en sensual world, porté par la voix chaude et veloutée de Jennifer Charles. Du même bois, 'Beyond The Horizon', se veut plus lancinante.  Comme à l'accoutumée, ELYSIAN FIELDS donne dans la haute couture tant les compositions du groupe prennent et donnent le frisson. La pop classieuse de 'Tidal Wave' est à tomber, laissant la part belle aux sonorités 70's. Un tel niveau n'est pas donné à qui le veut et ces deux là sont pétri de talent. 'Karen 25' est une ballade crépusculaire en noir et blanc qui balance au rythme des vagues. 'Philistine Jacknife', nébuleuse et vénéneuse ne laissera aucun échappatoire à un auditeur sans défense face au pouvoir hypnotique du duo en pleine possession de ces moyens. 
Lorsque ELYSIAN FIELDS n'enchante pas, il compose de redoutables ballades à l'image de cette 'Dispossessed' rapeuse et ronflante à la mélodie ciselée. On nage en plein rêve à écouter 'Household Gods', mélancolique et essentielle. 
Ce groupe à toujours eu la place unique qu'il mérite mais avec 'Pink Air', ELYSIAN FIELDS prend de l'assise dans un style qu'il domine depuis maintenant de nombreuses années, assurant plus encore ses compositions toujours plus acérées. Plus que jamais l'alchimie est là et l'inspiration à son apogée pour un disque qui a déjà des airs de classique. Superbe !



Olivier LEONELLI


 

22.4.19

[ Express ]





NOVEMBER  /  2nd
[ gentlemen recordings ]
Disponible Formats CD & Vinyle
CONTACT  :  NOVEMBER







Voilà treize années, deux mondes semblant à l'opposé s'unissaient pour un voyage atypique et sensoriel. Bernard Trontin, extrait de The Young Gods faisait appel à Simon Huw Jones voix ô combien reconnue de And Also The Trees. Le projet NOVEMBER était né et avec lui un premier album étonnant et envoûtant dont on attendu la suite pendant longtemps. Enregistré sur une longue période au gré des emplois du temps des deux créateurs, le second disque de NOVEMBER prit forme lentement, de façon réfléchi et en profondeur au fil du temps qui s'écoule et des rêves qui passent et des songes qui restent. '2nd' paru à la toute fin de l'hiver annonçant avec NOVEMBER l'arrivée du printemps pour une recueil riche, léger et sensible comme la vie mériterait d'être vécue. Ce second album du duo est la suite parfait de 'November' dans son atmosphère et ses textures sonores qui appels aux compositions jazz atmosphériques et à un cheminement dans les mondes intérieurs. 

On est entre le format chanson et les grandes expérimentations contemporaines. L'ensemble reste indubitablement et sublimement mélodique, le traitement est des plus atmosphérique et le chant profondément humain. Les dix compositions se suivent et se complètent parfaitement dans un tout poétique et mystérieux. Quand la trame nous échappe, Simon Huw Jones la rattrape et la ficelle de son timbre doux et chaud. Difficile d'extraire un titre plus qu'un autre de ce disque conceptuel qui s'écoute avec grand bonheur de bout en bout sans qu'on puisse marquer l'arrêt. Il faudra de nombreuses écoute pour en capter toutes les subtilités tant les détails sont nombreux et la finesse du travail appliquée. Une oeuvre comme 2nd est aussi rare qu'essentielle. Hors des sentiers battus et bien ailleurs que tout style musical, NOVEMBER compose une musique unique à la croisé des mondes, qui emporte et enchante l'auditeur ravi de pouvoir enfin se laisser allé aux délices de cet univers qui finalement et celui de tout homme lorsqu'il retrouve la spiritualité et l'authenticité qui fait tant défaut en ces temps de superficialité. Bernanrd Trontin et Simon Huw Jones avec NOVEMBER nous gratifient d'un instant précieux, vrai et profond d'une grande beauté dont aucun d'entre nous ne devrait pouvoir se passer. A s'y plonger encore et encore !


Olivier LEONELLI


18.3.19

[ EXPRESS ]

GARY NUMAN  /  
The Fallen ep & Live At Brixton Academy 
[ bmg/bmg ]


La fabuleuse épopée 'Savage' avait commencé à l'automne 2017 pour GARY NUMAN avec la parution du puissant 'Savage : Songs Of A Broken World'. Un disque dense qui restera parmi ses meilleurs. La tournée dingue qui s'en suivi à travers le monde reste à jamais gravée dans les esprits et les coeurs des chanceux qui ont pu assister à une des nombreuses dates que GARY NUMAN et son groupe honora avec la même fougue et le même bonheur d'un bout à l'autre du globe. Il aurait été dommage de ne pas clore cette grande histoire de la plus belle des façon. 
Une conclusion à la hauteur et ô combien enthousiasmante ! En effet, à l'automne 2018, GARY NUMAN publie coup sur coup 'The Fallen' un ep trois titres inédits écartés des sessions de 'Savages' et qui trouvent là leurs places sur une quinzaine de minutes de musique. Loin d'être des chutes laissées là par manque de propos, ces trois titres se trouvent être essentielles à tous les fans de l'artiste tant chacun emporte et anime. 'It Will End Here' est une grande chanson qui sonne déjà comme un classique avec son atmosphère spaciale et son refrain fait mouche. 'The Promise' plus lourde est un bon exemple de ce que sait faire GARY NUMAN de ses machines ... leur donner corps et âme. Le troisième inédit plus oriental dans son ambiance est à classer dans les beaux titres langoureux et mystérieux,  de ceux qui font voyager. 
Le 'Savage : Live At Brixton Academy' qui se décline en un double cd et dvd est une diapositive plutôt fidèle de la tournée qui emmena GARY NUMAN et sa bande à travers la planète sur plus d'un an. Une tournée au cours de laquelle l'homme fêta ces 60 ans sur scène acclamé par un public devenu dingue d'entendre et de voir un artiste aussi heureux sur scène donné tant et tant dans une passion communicative. Au niveau tracklisting , les cd et le dvd sont des jumeaux et les 18 titres rendent évidement justice à l'album 'Savage' mais aussi au grands moments de la carrière de GARY NUMAN qui débuta en 1977. Le son est impeccable et les images du dvd bien produit sont elles efficaces et redonnent le frisson. On voit backsatge l'homme et son groupe et une interview de l'artiste est ajoutée en fin de piste. L'objet est accompagné d'un beau livret comprenant quelques clichés en noir et blanc. Ce beau voyage d'une heure trente est la conclusion parfaite d'une belle aventure artistique et humaine et on n'a qu'une envie. Y replonger !


[ FREUND ]




12.3.19

[ EXPRESS ]





DEAD CAN DANCE  /  Dionysus
[ pias records ]




Paru en novembre dernier, le nouvel album de DEAD CAN DANCE à déboulé sans presque prévenir. Six ans après le retour gagnant 'Anastasis', le duo propose un 10ème album plus conceptuel que jamais. 'Dionysus' se développe en sept mouvements et deux parties distinctes. Le mythe de Dionysos  et de son culte y sont abordés mais aussi le monde et l'état du monde. Le propos se veut plus ancré dans la société actuelle et ce que le monde devient. 
Musicalement, Lisa Gerrard et Brendan Perry qui se partagent toujours les rôles, restent des touche à tout inspirés et les sonorités très world music offrent une partition à de nombreux instruments des divers continents. Après une introduction claquante de vie, le second mouvement de la première partie, 'Liberator Of Minds' est un quasi instrumental qui s'étire lentement et avec mystère sur de longues minutes. On se trouve en terrain familier au niveaux des ambiances et sonorités qui fond parfois écho à 'Spiritchaser' paru il y a plus de vingt ans. Le final du premier mouvement entame une course et laisse la part belle à l'orient. A la fois traditionnel et revu et corrigé, le passage appelé 'Dance Of The Bacchantes' porte bien son nom. Une fois l'Act I et ses presque dix-sept minutes achevé, c'est dans un bain plus spirituel que Brendan Perry fait son entrée avec le superbe 'The Mountain' qui ouvre majestueusement l'Act II, soutenu des vocalises si précieuses de Lisa Gerrard. DEAD CAN DANCE après plus de 30 ans, persévère dans le fait de pouvoir rester unique dans la diversité. Quelque soit leurs terrains créatifs, on reconnait leur identité artistique si singulière. La seconde partie, laisse la part belle aux voix féminines et au voyage vers les Balkans. L'avant dernier mouvement de l'Act II, intitulé 'The Forest' est chanté principalement par Brendan Perry est à des accointances brésiliennes, une sorte de ballade traditionnelle imaginée par son auteur, l'atmosphère qui s'en dégage est à la fois dansante, mélancolique et moelleuse entrainant l'auditeur dans une douce transe. 'Psychopomp' achève le disque tout en épuration avec un duo Perry Gerrard qui s'étiole doucement jusque se taire. 
A première vue, 'Dionysus' est l'album de DEAD CAN DANCE le moins évident dans le fond et la forme mais l'impression se dissipe rapidement à l'écoute des 35 minutes de musiques et tout se met finalement en place sans peine pour y retrouver le bonheur d'écoute d'un disque riche et inspiré qui contient son lot de frissons et de moments marquant. Peu importe la méthode de présentation, l'essence est là et la source n'est pas tarie. 'Dionysus' est une réussite et un disque vers lequel on reviendra encore et encore pour sa diversité et son art de haute volée.





9.3.19

[ Express ]






GENIUSER  /  I Am
[ ahh ohh records ]



Autant l'annoncer tout de suite. Ce projet est passionnant et totalement innovant ! Tout ici aiguise l'oreille et donne de l'appétit. Derrière GENIUSER on trouve le duo Giuseppe De Bellis, peintre et bidouilleur de sons de talent et une sommité du milieu punk et avant-gardiste des années 80 en la personne de Michael Allen, artiste en activité depuis son premier projet The Models à la fin des années 70. Les deux hommes forment depuis le milieu des années 2000 un des projets musicaux les plus intéressant du moment. 
Avec un premier album expérimental en 2005, GENIUSER avait déjà marqué le coup et les anales et 'Mud Black' sombre et épais comme le goudron dégorgeait déjà de trouvailles géniales sur les vocalises inimitable de M. Allen qui reste à jamais la voix de The Wolfgang Press. Avec ce second album et treize ans plus tard les deux hommes ont gagné encore en stature et 'I Am' risque bien d'être la grande réussite de musique mutante alliant le format chanson à celui de sombre parures électroniques millimétrées. On nage ici entre blues rampant et chanson faussement déglinguées. Les mélodies drapées de noir sont froides et implacables et le propos ne peut que marquer l'auditeur plongé dans un monde qu'il ne connait pas. On est séduit par la diversité dans l'unité et le beaux voilé de laid. 
Tout au long de ce sobre et juste chemin de croix et rédempteur on se prend à avoir la gorge nouée par ses sentiments qui émergent du magma. Que c'est beau, que c'est digne que c'est grand. Une oeuvre classe et unique sur laquelle soyons en sûr le temps n'est pas prêt d'avoir d'emprise. Merci Messieurs pour cette prouesse !

24.2.19

[ EXPRESS ]




GUSGUS  /  Lies Are More Flexible
[ no paper records ]








Paru originellement voilà un an sur le label polonais No Paper Records, le huitième album des islandais GUSGUS semble être celui de la survie. Quatre années après 'Mexico' le groupe protéiforme devenu duo propose de reprendre finalement la propos là ou le groupe l'avait laissé en 2014. Cette nouvelle livraison travaillée secrètement en laboratoire par Birgir Thorarinsson et une des voix originelle du projet depuis plus de 20 ans, Daniel Agust déploie couleurs et matières sur des mélodies vaporeuses et sinueuses dont les développements oscillent entre cinq et plus de sept minutes. Mensonges et difficultés à aimer habitent les textes. Cependant, c'est la fluidité du propos qui marque surtout avec une exigence du fond et de la forme qui ne faiblit pas sur la longueur de l'album qui reste de haute volée tout au long des quasi quarante minutes de musique. GUSGUS qui avait marqué la scène techno soignée au coeur des années 90 avec leur signature chez l'indépendant 4ad et le célèbre 'Polydistortion' a su au fil du temps composer des disques de qualité au sein d'une scène souvent malmenée pas de médiocres sorties. Ce 'Lies Are More Flexible' démontre que même à deux, GUSGUS peut continuer de proposer des albums très réussi. Voilà qui est rassurant !