ELYSIAN FIELDS / Dispossessed
From : Pink Air (album)
[ ojet - microcultures ]
21.5.19
11.5.19
[ EXPRESS ]
ELYSIAN FIELDS / Pink Air
[ microcultures / Object ]
CD / Vinyle
Paru à l'automne dernier, il aurait été vraiment dommage de ne pas s'arrêter au dernier album en date des new yorkais de ELYSIAN FIELDS qui avec 'Pink Air' propose leur neuvième disque en 22 ans d'existence. Plus de vingt années à composer une musique passionnante sensuelle et aussi un peu intello sur les bords. 'Pink Air' ne déroge par à la règle et dès la première écoute il est évident que la source loin d'être tarie, rafraichissante dès l'entrée en matière de ce nouvel opus créé comme à leur habitude à quatre mains.
Après une introduction à la fois rêche et sans concession, on est dès la seconde plage dans la vif ou plutôt dans le chaloupé du sujet avec le superbe 'Star Sheen', morceau de bravoure absolument magique et totalement addictif. Entre pop et blues on nage en sensual world, porté par la voix chaude et veloutée de Jennifer Charles. Du même bois, 'Beyond The Horizon', se veut plus lancinante. Comme à l'accoutumée, ELYSIAN FIELDS donne dans la haute couture tant les compositions du groupe prennent et donnent le frisson. La pop classieuse de 'Tidal Wave' est à tomber, laissant la part belle aux sonorités 70's. Un tel niveau n'est pas donné à qui le veut et ces deux là sont pétri de talent. 'Karen 25' est une ballade crépusculaire en noir et blanc qui balance au rythme des vagues. 'Philistine Jacknife', nébuleuse et vénéneuse ne laissera aucun échappatoire à un auditeur sans défense face au pouvoir hypnotique du duo en pleine possession de ces moyens.
Lorsque ELYSIAN FIELDS n'enchante pas, il compose de redoutables ballades à l'image de cette 'Dispossessed' rapeuse et ronflante à la mélodie ciselée. On nage en plein rêve à écouter 'Household Gods', mélancolique et essentielle.
Ce groupe à toujours eu la place unique qu'il mérite mais avec 'Pink Air', ELYSIAN FIELDS prend de l'assise dans un style qu'il domine depuis maintenant de nombreuses années, assurant plus encore ses compositions toujours plus acérées. Plus que jamais l'alchimie est là et l'inspiration à son apogée pour un disque qui a déjà des airs de classique. Superbe !
Olivier LEONELLI
10.5.19
7.5.19
[ ENTRETIEN ]
Première partie d'un entretien passionnant réalisé avec Simon Jones (And Also The Trees), relatif à la sortie du second album de NOVEMBER paru en mars dernier (chroniqué ici). Simon y évoque la genèse du projet et comment la composition entre Bernard Trontin (The Young Gods) et Simon Jones s'est finalement naturellement mise en place.
I.M. / Simon, comment et où a eu lieu la rencontre Simon Jones, Bernanrd Trontin? L'idée de travailler ensemble a t'elle été immédiate?
S.J. / Nous nous sommes rencontrés pour la première fois dans un café à Genève
où nous vivons tous les deux, un après-midi de novembre 2003. Bernard
avait expliqué un projet qu’il avait en tête au propriétaire d’un
magasin de disques non loin de là; il voulait faire un album avec des
chanteurs invités pour des morceaux de musique qu’il avait accumulés et
qui n’avaient pas été utilisés pour des films ou des projets de The Young
Gods, et l’un des chanteurs qu’il voulait interroger était le
chanteur de And also the trees. Donc le vendeur de disques a dit qu'étrangement, j’avais été dans le magasin quelques jours auparavant et que je vivais maintenant à Genève. C’était donc toute une
coïncidence. De cette façon, il a organisé notre rencontre et ça a été le
début de tout.
I.M. / Quand vous avez commencé à travailler ensemble Bernard et toi, Saviez-vous déjà où vous vouliez aller ?
S.J. / Non, nous n’avions aucune idée de ce qui allait se passer. Bernard
ne s’attendait vraiment qu’à ce que je sois impliqué dans une seule
chanson, mais il m’a donné quelques morceaux de musique et j’ai eu le
début des idées pour tous – ce qui est rare pour moi car je ne suis pas
du tout prolifique. C’était
en fait la première fois que je travaillais avec la musique de
quelqu’un d’autre que celle de Justin et de 'The Trees', mais il était
clair que mon approche vocale et ma gamme convenaient à la musique de
Bernard, alors nous avons décidé de faire tout l’album ensemble.
I.M. / Le premier album de NOVEMBER paru en 2006 chez Shayo records a dû déstabiliser certains fans de AATT car sa teneur est bien différente de ce que tu avais fais jusque là? Tu as eu des retours des auditeurs de AATT à cette époque? Pensez-vous éditer ce premier album au format vinyle un jour?
S.J / Il serait plus intéressant de dire que beaucoup de gens étaient scandalisés et ont détesté cet album, mais la réaction a été très positive. D’après mon expérience, les gens qui aiment AATT ont un large goût musical. Oui, ce serait bien d’avoir une édition vinyle du premier novembre et j’espère que ça arrivera un jour.
I.M / Entre le premier album et '2nd', il s'est écoulé 13 ans. Tu as été très occupé avec AATT et Bernard avec TYG. Cependant, ce deuxième disque de NOVEMBER n'aurait-il pas pu paraître un peu plus tôt? Je crois savoir que '2nd' est en travaix depuis plusieurs années. Cette longue gestation est-elle nécessaire?
S.J. / Ce n’était pas nécessaire non. Nous ne nous précipitons pas pour faire
preuve de créativité, mais ce n’est pas ce qui a pris DU temps… c’est un
peu long et je crains une histoire inintéressante impliquant notre
maison de disques, Shayo Records, qui se termine. Il faut trouver l’argent pour
enregistrer l’album et trouver une maison de disques prête à sortir un
album difficile à catégoriser. Ajoutez à cela le fait que ni Bernard ni
moi ne sommes doués du tout dans l'aspect beaurocratique, organisationnel
ou commercial de la gestion d’un groupe et vous pouvez commencer à
comprendre pourquoi cela a pris si longtemps. Nous avons été surpris de
voir à quel point il était difficile pour les maisons de disques
d’écouter les enregistrements. En fait, la plupart des compagnies, dont
la plupart étaient des labels indépendants, ne voulaient même pas
entendre l’album. Nous n’avons pas été offensés, juste un peu surpris.
(En fait, si, nous sommes profondément offensés et avons parfois de longues
conversations téléphoniques pour discuter de différentes façons de
torturer ces bâtards quand nous les traquons).
I.M. / Ok ... Simon, si je te dis que la musique de NOVEMBER est comme un voyage intérieur, à la fois mélancolique et poétique. Ca t'évoque quoi?
S.J. / J'espère juste que c'est un bon voyage et pas trop mélancolique. Un voyage intense avec je le souhaite des endroits intéressants à découvrir. C'est sûr que ce n'est pas de la musique festive.
I.M. / En évoquant la poésire d'ailleurs. Tes textes semblent être un mélange de souvenirs, de rêveries et de poésie. Y a t'il un part d'autobiographie dans les paroles de NOVEMBER?
S.J. / Non, ce n’est pas autobiographique, mais c’est comme si j’avais vécu dans ces chansons et que les expériences que j’ai vécues en m’immergeant dans celles-ci sont aussi fortes que les souvenirs – dans bien des cas plus fortes que la musique les maintient en vie et en évolution.
I.M. / Envisagez-vous de monter sur scène pour quelques dates?
S.J. / Nous
espérons vraiment être en mesure de jouer l'album '2nd' de NOVEMBER sur scène, oui –
nous avons deux autres musiciens avec qui nous allons travailler pour
réorganiser les pièces afin de pouvoir les jouer en direct – sans
dépendre de la technologie informatique, nous l’espérons – afin que les
chansons aient une dynamique différente. Bien
sûr, la difficulté sera de trouver le temps pour cela, car nous sommes
dans nos groupes respectifs et travaillon presque constamment à une chose ou à une
autre.
à suivre ...
ENTRETIEN : Olivier LEONELLI
6.5.19
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