jeudi 30 décembre 2021

[ CHRONIQUE ]


 
PINK TURNS BLUE
Tainted
CD/LP
24.09.21
[ Orden Records ]
 
 
Associé au mouvement punk et gohique, c'est à Cologne puis Berlin que le duo allemand Thomas Elbern et Mic Jogwer accompagné d'une boîte à rythme, fait ses premières armes. Le nom de PINK TURNS BLUE provient du titre d'une chanson du groupe Hüsker Dü. La formation est rapidement comparé à The Cure ou The Chameleons. Après un premier album en 1987, 'If Two Worlds Kiss', le groupe enchaîne les tournées et les albums. Dans les années 90, PINK TURNS BLUE évolue à Londres, ville qui va perdre les membres et les objectifs du groupe qui fini pas se séparer en 1994 après avoir enregistré cinq disques studios. 
Après dix ans de silence, la formation refait surface avec le bien nommé 'Phoenix' en 2005. Cinq nouveaux disques seront proposés entre 2005 et ce nouvel album 'Tainted' paru en septembre dernier. Sur ce dixième disque, on retrouve les membres originels Ruebi Walter à la basse et Mic Jogwer à la guitare et au chant. La batterie est elle tenue par Paul Richter qui à rejoint PINK TURNS BLUE en 2016  'The Aerdt - The Untold Stories'.
Musicalement, on retrouve le spleen qui colle à l'univers du groupe depuis les débuts avec des titres à la fois rythmés et mélancoliques, soutenus d'une basse et d'une batterie métronomique. Vocalement, Mic Jogwer ne bouge pas et son chant est reconnaissable entre tous, à la fois chaud et plaintif, profondément humain. L'ensemble reste très mélodique et appelle à l'évasion. Les sonorités sont volontairement tournées vers les 80's, à la fois ronde et pleine. Les mélodies elles, sont simples et efficaces, comprenant leurs lots d'envolées de celles qui pincent le coeur. La Voix de Mic Jogwer y est pour beaucoup comme dans le progressif  'The Must Be So Much More'. Le chant est à coup sûr la force majeure de PINK TURN BLUE. Sur le sombre 'So Why Not Save The World', le bilan d'un monde à la dérive doit entraîner lutte et espoir pour sauver ce qui peut l'être. Musicalement une des plus belles réalisations de 'Tainted'. 
Quand on connait PINK TURNS BLUE, son univers, son style et son approche, les surprises sont rares et l'ensemble des titres de 'Tainted' se déploient avec un plaisir non boudé. La particularité de ce nouvel album est finalement celle d'un groupe qui puise son ADN dans celui de ses racines que sont les groupes de la 'new-wave' des années 80 à travers le prisme et la personnalité de Mic Jogwer inégalable pour y distiller ce petit plus inexplicable, ce petit élément qui fait de PINK TURN BLUE un groupe unique à l'univers si singulier. Ce nouveaux disque est un bonheur et un évènement puisqu'il faudra certainement attendre au moins cinq années pour pouvoir profiter du suivant.

mardi 28 décembre 2021

[ CHRONIQUE ]


 
BERTRAND BURGALAT
Rêve Capital 
CD/LP
11.06.21
[ Tricatel ]
 
 
BERTRAND BURGALAT, 58 ans a déjà eu mille vies. Cet artiste multidisciplinaire et touche à tout de talent à travaillé en tant que producteur ou musicien avec des artistes que seul l'intérêt qu'il leur porte ne peut les réunir. La liste est longue, de Jad Wio à Mick Harvey, de Einsturzende Neubauten à Anita Lane, de Barbara Carlotti à Alain Chamfort, de Depeche Mode à Laibach ou de Supergrass à Michel Houellebecq, le palmarès de BURGALAT impressionne. Il a aussi participé à de nombreuses musiques de films, qu'il s'agisse des films de son ex-compagne Valérie Lemercier ('Quadrille' - 'Palais Royal'), 'Les Nuis Fauves' de Cyril Collard ou 'Apparences' de Marc Fitoussi. BERTRAND BURGALAT est investi dans la presse, la radio et la télévision et il est surtout le créateur du label arty Tricatel depuis 1995, auquel il insuffle son savoir faire et sa passion pour y défendre des projets hors normes et des artistes inclassables.
Autant dire que lorsqu'au coeur de l'été 2021, l'artiste propose son sixième disque solo, 'Rêve Capital', on tend l'oreille jusqu'à s'y abandonner. Quatre années se sont écoulées depuis 'Les Choses Qu'on Ne Peut Dire à Personne' et la plongée dans les années soixante-dix est immédiates. Les ambiances sont chamarrées, les couleurs sont vivent, le propos est suave sans pour autant occulté une mélancolie latente si chère à BURGALAT. Avec lui le suicide est rose bonbon et s'il faut partir, il faut le faire avec classe, à la gentleman, dixit 'Du 33e Etage'. Loin d'être innocent le propos est parfois grave et le 'Spectacle Du Monde' est une bien triste vision de notre quotidien que nous ne maîtrisons plus. Musicalement, cette ballade binaire entre parlé en chanté, donne le frisson. 'L'attente' est du même acabit, la nonchalance en plus, on balance doucement entre rêve et réalité. Douce mélodie accompagnée d'un beau texte partagé avec Blandine Rinkel du groupe Catastrophe. 
La dérision fait partie du langage BURGALAT et le chaloupé 'L'homme Idéal' en témoigne avec brio. La cool attitude est de mise pour une pop-song décalée très réussie. La suite, 'La Chanson Européenne nous projette dans la triste réalité des évènements récents et des nombreuses victimes des attentats. Tristesse absolue... La musique de BERTRAND BURGALAT est très cinématographie, aux arrangements soyeux et aux atmosphères baroques. 'Vous êtes Ici' est un titre d'une grande beauté au déploiement majestueux sur lequel plane la fantôme du maître Gainsbourg. Vraiment superbe. La mélancolie s'invite régulièrement dans l'univers de l'artiste et la justesse des textes, la finesse d'une vie y est constante. 'J'ai Adoré Cette Journée' tout en délicatesse, pousse à la rêverie et fait un total écho au titres du disque. BERTRAND BURGALAT considéré comme un artiste décalé ne serait il pas finalement celui qui est dans le vrai d'un vie que beaucoup rêve secrètement. Sentimental, profondément humain, la substance artistique de cet Homme est essentiel et nourrissante. Il suffit de se laisser bercer, frissonnant par le merveilleux 'Rêve Capital' qui clos ce voyage, triste et beau, joyeux et léger, grave et authentique dont nous avons tous besoin de retrouver le chemin. 
Une fois encore BERTRAND BURGALAT nous jette au visage à quel point il est un artiste important et comme il est bon de retourner dans ce monde, encore et encore. Le frissson demeure .... 


lundi 27 décembre 2021

[ SORTIES ]


BAUHAUS / The Bela Session - mini album 
1x12' Couleur - Leaving Records
 
BLACK FRANCIS / The Golem - soundtracks
2xLP Couleur - Demon 
 
BLACK FRANCIS / Nonstoperotik - album 
1xLP Couleur - Demon 
 
DAVID BOWIE  /  Toy  - album
3xCD - 6x10' Vinyle - Parlophone 
 
DAVID BOWIE / Hunky Dory - album 
1xLP Picture - Parlophone 
 
CAT POWER / Covers - album 
1xCD - 1xLP Couleur - 1xLP Vinyle - Domino  

EELS / Extreme Witchcraft - album 
1xLP Couleur - 1xLP Clear - 1xCD - E-Works 
 
DIAMANDA GALAS / Diamanda Galas - album 
1xLP - Intravenal Sound Operations

GHOST / Hunter's Moon - single
1x7' Clear - 1x7' Couleur - 1x7' Vinyle - Sacred Bones 

ROBIN GUTHRIE / Riviera - mini album 
1xCD - Soleil Après Minuit 

MICHEL HOUELLEBECQ / Présence Humaine - album 
1xLP Clear - Tricatel
 
MARTINA TOPLEY-BIRD / Forever I Wait - album 
1xLP Vinyle - MTB Records  
 
PIXIES / Live In Brixton  - box
8xLP Colour - 8xLP Vinyle - 8xCD - Demon 

P.J. HARVEY / Let England Shake - album 
1xLP - Island 

P.J. HARVEY / Let Englanf Shake Demos - compilation 
1xLP - 1xCD - Island 

SOL INVICTUS / King & Queen - album 
1xLP - Prophecy 

SOL INVICTUS / The Killing Tide - album 
1xLP - Prophecy

THEATRE OF HATE / Omens Studio Works 1980-2020 - box
6xCD - Cherry Red 
 
ANNA VON HAUSSWOLFF / Live At Montreux Jazz Festival - album
1xCD - Southern Lord




lundi 8 novembre 2021

[ CHRONIQUE ]


 
BOBBY GILLESPIE & JEHNNY BETH
Utopian Ashes
CD/LP
02.07.21
[Silvertone]
 
 
D'un projet mis en boîte en trois jours, 'Utopian Ashes' est devenu un bel album de pop dans la plus grande tradition des duos masculin, féminin. Les neuf titres du disque ont été composés et enregistrés en condition live et chacun de JEHNNY BETH, BOBBY GILLESPIE, des musiciens de Primal Scream ou de Johnny Hostile ont oeuvré pour parvenir à ce résultat honnête et authentique. Loin de la sophistication du premier album de JEHNNY BETH et des carcans punk de BOBBIE GILLESPIE, le disque est ancré dans un belle tradition de grandes chansons d'amours brisés et de mal de vivre. Des histoires qu'il faut traverser en couple ou seul avec courage. 
Musicalement 'Utopian Ashes' se situe dans un mouvance pop soul parfois teinté de country classieuse. Du classicisme de l'entrée en matière 'Chase It Down' dans lequel il est question d'amour passion avec ses éclaircies et ses orages, on bascule dans une ritournelle mélancolique très seventies. 'English Town' balance de grisaille et de crachin alors que les coeurs chavirent. Le souvenir émouvant d'un amour passé hante 'Remember We Were Lovers', jolie ballade pétrie de regrets, sans retour possible. Le point central de 'Utopian Ashes' demeure les relations hommes, femmes dans ces incertitudes, ses blessures et ses questionnements. C'est triste et beau, épuré et souvent de criant de vérité. Très 'Doors', la jolie 'Stones Of Silence', quasiment chanté seule par JEHNNY BETH est un véritable bijou mélodique qui traite de la solitude et l'incapacité à être aimé. Beau et touchant, ce titre met à lui seul en lumière le caractère essentiel de 'Utopian Ashes'. Souvent les disques court et concis sont les meilleurs, plus riches et allant à l'essentiel, ces disques sont bien souvent comme des fulgurances et celui-ci en est une. A entendre le coeur serré 'You Don't Know What Love Is' baigné de mélancolie dans lequel les guitares plaintives répondent à un piano en écho sous une pluie de violons et violoncelles, il est difficile de ne pas vaciller. 
Pourtant, l'apogée n'est que repoussée à 'You Can Trust Me Now' superbe ballade à deux voix qui s'étire comme une matinée aveuglante de soleil. Dans un dernier espoir les protagonistes tentent de sauver le précieux amour alors que déjà c'est le vide qui se dérobe sous eux. Les blessures sont profondes autant que rongent les regrets. 'Sunk In Reverie' dernier titre de l'album permet de conclure sur une note un peu plus positive. Petite ballade légère, rappelant l'univers de Lee Hazlewood, soutenue d'une guitare et d'une basse, la voix de BOBBY GILLESPIE se fait plus sereine et douce et achève les turbulences d'un disque incandescent qui abandonne là l'auditeur à ses propres fantômes. 

dimanche 7 novembre 2021

[ CHRONIQUE ]

 
GUSGUS
Mobile Home
CD/LP
28.05.21
[Oroom]
 
 
 
La nouvelle bombe GUSGUS est lâchée et son effet mobilité est irrésistible. Un sacré parcours pour un projet qui ne devait être qu'un court métrage. Un beau parcours semé d'imprévus qui a été fêté en 2020 pour 25 ans de remous de joies et de peines à travers un très beau photobook qui retrace l'épopée GUSUS. Il est loin le temps où en 1995, sept étudiants pour la plus part en art avaient pour projet un petit film et sa bande originale. 
Dix album plus tard les protéiformes GUSGUS ne cessent de muter et au travers des dix albums du groupe le line-up ne cesse de se faire et de se défaire, de se recréer au fil des envies et de moments.  Pour 'Mobile Home' paru à la toute fin du printemps dernier, on retrouve le noyau dur Birgir Thorarinsson et Daniel Agust, membres de longue date du projet, rejoint pour l'occasion par la vocaliste du groupe islandais Vok, Margrét Ran Magnusdottir. Un titre est interprété avec John Grant. Pour l'ensemble des trente sept minutes de ce nouvel album, on retrouve le savoir faire assez unique de GUSGUS, soit de l'impulsion de vie à des machines via des vecteurs d'une froideur synthétique. Dès 'Stay The Ride' qui ouvre les portes on est happé par une mise en condition saccadée, mystérieuse et étonnement chaleureuse. 'Higher' qui suit est une véritable bombe d'éléctro mélancolique. La voix de Margrét Ran Magnusdottir, sublime de force et de justesse ouvre les cieux sur des beats lourds et métronomiques qui poussent au mouvement. GUSGUS sait encore aujourd'hui mieux que quiconque accoucher de titres hypnotiques et fédérateurs. Totalement débridé et diablement dansant, 'Simple Tuesday' malgré son habillage éléctronique est un titre pop accompagné par un Daniel Agust dont la voix douce et sensuelle fusionne parfaitement avec l'ensemble. 'Love Is Alone' faussement foutraque et bancale est un bijou d'équilibre, à la fois fois lourd et vaporeux, le titre est partagé vocalement avec John Grant qui apporte de l'épaisseur et de la chaleur à une composition en apesanteur qui se dévoile au fil es écoutes. Dans la dernière partie de 'Mobile Home', GUSGUS propose une progression très épurée, 'Silence' qui serpente doucement en crescendo pour se développer vers des volutes synthétiques tourbillonnantes, accompagnées d'un chant mélancolique, presque mystérieux. 'Flush' qui referme les portes termine le signal dans la mouvance de 'Stay The Ride' vers une éléctro progressive instrumentale très spatiale offrant au 'Mobile Home' GUSGUS l'opportunité de décoller vers d'autres cieux. 
Après une beau retour il y a deux ans avec 'Lies Are More Flexible' après un silence de presque cinq ans, GUSGUS fait très fort avec 'Mobile Home', un disque concis et inspiré qui va à l'essentiel et décharne jusqu'à l'os des compositions faussement simples. Tout fonctionne à merveille, de la fine horlogerie pour un disque très réussi, produit avec justesse et talent. GUSGUS, reste un véritable maître d'orfèvre.


vendredi 5 novembre 2021

[ CHRONIQUE ]


LISA GERRARD & JULES MAXWELL
Burn
LP/CD
07.05.21
[Atlantic Curve]
 
 
Paru au printemps dernier, on ne pouvait pas passer à côté de cette dernière sortie de LISA GERRARD sous forme de collaboration sur une période longue avec le claviériste de scène de Dead Can Dance, JULES MAXWELL. Un travail au temps par temps qui se prolongea sur des années selon les emplois du temps de chacun et qui paraît finalement trois ans après 'Dionysus', le dernier album en date conceptuel de Dead Can Dance. Au sein de cette nouvelle collaboration, on pourrait aisément ajouter un troisième personnage essentiel à l'équilibre et à la couleur de cette nouvelle livraison, tant l'influence de James Chapman sur l'ensemble de 'Burn' est perceptible. 
Même s'il est vrai que les projets de LISA GERRARD se succèdent à vive allure depuis de nombreuses années, tous ne sont pas digne d'un intérêt majeur et la voix de l'australienne reste parfois l'unique intérêt. Sur cette nouvelle collection de sept titres pour une bonne demi-heure de musique, ça n'est pas le cas et lojn d'être anecdotique, la sortie de 'Burn' est à placer parmi les belles réussite de l'artiste sur ces trente dernières années. En effet, l'ensemble des titres envoûtant de ce nouvel album fédèrent et invitent a un voyage plutôt unique. Des éléments tribaux et percussifs émerge la magnifique voix de LISA GERRARD mise en valeur et traitée avec modernité. Les incursions synthétiques, sonorités électroniques et rythmiques parfois dansantes donnent de la chaleur et des couleurs chamarrées à un ensemble déjà inspiré et inspirant. Il y a de la vie dans tous ces aspects dans ce disque qui se renouvelle sans cesse. Les titres s'enchaînent avec un plaisir sincère et un propos que l'on sent honnête. JULES MAXWELL et LISA GERRARD ont sur se trouver sur ce projet et l'émulsion entre les deux artistes et palpable tout au long du disque. 
L'influence et l'univers de James Chapman donne de la respiration et de la hauteur à des compositions qui bénéficient déjà de bases solides. Rien à écarter sur 'Burn' qui porte l'homogénéité dans la véracité du propos avec des moments de grâce comme dans l'introductif 'Heleali' ou le profond 'Keson' qui touchent au plus profond. Décidément, ce nouvel album de LISA GERRARD est une très belle surprise et ce jusqu'à 'Do Sol Yo' qui conclu en choeur un disque de haute volée qui rend hommage de la plus belle des façon à une des plus belle voix féminine. On se met déjà à rêver à une suite dans quelques années. Qui sait ...

lundi 1 novembre 2021

[ T.V ]


EMIGRATE / Freez My Mind
FORMATS : Vinyle/cd
ALBUM : The Persistence Of Memory
DATE : 12.11.21
LABEL : Sony music