The Night The Zombies Came
CD/VINYLE
[ BMG ]
Devenu groupe légendaire à l'ère 4AD avec un 'Doolittle' de très haute volée paru en 1989, PIXIES enfonce le clou de la notoriété et du culte avec 'Bossanova' un an plus tard. La patte de Frank Black y est pour beaucoup y associant une alchimie unique avec ses comparses, Joey Santiago, Dave Lovering et Kim Deal (The Breeders) depuis remplacée trois fois à la basse. Après un passage à vide de plus de 20 ans, PIXIES revient en grande forme avec le bon 'Indie Cindy' en 2014 et depuis ne manque aucun rendez vous au fil de régulières et qualitatives sorties.
La dernière en date 'The Night The Zombies Came' est parue à l'automne dernier et consiste en une collection savoureuse déployant tout le savoir-faire et le talent d'un groupe qui ne perd pas en intensité. Ce neuvième album studio des américains est avant tout basé sur de solides mélodies et des arrangements léchés. La production est savamment dosée et la force des compositions mise en lumière par une instrumentation métronomique. 'Primrose' ouvre tout en douceur avec une ballade chaleureuse en suspension, balayée par l'énergique et ultra efficace 'You're So Impatient'. Véritable petite bombe sur vitaminée. Plus ample 'Jane The Night The Zombies Came', pourrait être la bande son d'un western surréaliste. L'acoustique domine dans une grande et belle tirade rythmée par une basse essentielle. Décidemment PIXIES sait soigner son entrée sur un trio gagnant dès les premières minutes d'un album qui s'annonce de grande qualité. Comme seul Frank Black sait le faire, 'Chicken' est une flânerie fantomatique hors de temps qui s'étire dans un espace infini. Plus rock dans son ADN, 'Hypnotised' est une des deux compositions menée en collaboration avec Joey Santiago. Plutôt efficace, il ne marque pourtant pas les esprits. La suite est bien plus épique toute guitare dehors, avec ce 'Johnny Good Man' grandiloquant et tonitruant qui sous ses airs conquérant cache une solide composition riche et fouillée. Ce que l'on aime avec ce groupe, c'est que justement PIXIES est là ou on l'attends. Des compositions à la fois atypiques et traditionnelles passées à la moulinette par un compositeur de talent et là encore, 'The Night The Zombies Came' tient toutes ces promesses.
'Mototoller' entame la seconde partie de l'album avec un des titres le plus fort de cette nouvelle livraison. Le refrain est addictif est savoureux et l'ensemble est bien ficelé. La seconde composition Black Francis / Joey Santiago, 'I Hear You Mary' est une réussite de rock song tout en progression et bénéficie d'un refrain puissant et d'une solide instrumentation qui met en valeur une mélodie vocale forte. Retour à l'incandescence des débuts avec 'Oyster Beds', chanson punk et sans concession qui défonce tout sur son passage. Rassurant d'entendre une telle poussée de jeunesse qui persiste après 40 ans de carrière. Depuis toujours, PIXIES sait souffler le chaud et le froid et après l'adrénaline, 'Mercy Me' est sans doute le morceau le plus lent et décharné de 'The Night The Zombies Came'. Le jeu se calme et le blues s'invite dans une ballade crépusculaire. Retour à la furie avec 'Ernest Evans' qui s'annonce aventureuse et héroïque dans de grandes envolées de guitares sur une rythmique effrénée. Difficile de rester statique à l'écoute de ce condensé d'énergie. En fin de parcours, PIXIES nous gratifie de la ballade traditionnelle 'Kings Of The Prairie' suivi de 'The Vegas Suite', composition enchanteresse en guise de conclusion d'un grand cru qui fera date dans la discographie d'un groupe qui sait rester passionnant et qui prend tout son sens lors de concerts mémorables.
Olivier-Pierre HANS-LEONELLI
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